La conservation au sein de l’AZAC
La conservation au sein de l’AZAC
La conservation est un principe fondamental pour les institutions accréditées par l’AZAC. Les établissements de l’AZAC montrent la voie en collaborant avec de nombreux organismes gouvernementaux, des établissements postsecondaires et des organisations non gouvernementales afin de renforcer les efforts de conservation de la faune et de la flore. Grâce au travail de son comité de conservation, l’AZAC rassemble ses membres pour offrir une plateforme essentielle au réseautage et aux initiatives conjointes entre les institutions accréditées et les parties prenantes.
Conservation ex situ
La conservation ex situ est une stratégie de conservation de la biodiversité par laquelle des espèces végétales ou animales sont protégées hors de leur habitat naturel. Elle implique le maintien et l’élevage d’espèces dans des environnements contrôlés comme les zoos, les jardins botaniques et les banques de semences. L’objectif est de sauvegarder les espèces menacées, de maintenir la diversité génétique et de soutenir d’éventuels efforts de réintroduction dans leurs milieux naturels.
Rôles courants de la conservation ex situ
Une population ex situ peut servir de source d’individus pour rétablir une espèce dans des zones de son ancienne aire de répartition d'où elle a disparu. Le fait de disposer de plusieurs populations résilientes réparties dans l’aire de répartition de l’espèce améliore sa capacité à résister à des événements catastrophiques.
Exemple
Greater Vancouver Zoo, C.-B. : L’apidodryas Taylor
En utilisant un mélange de papillons capturés dans la nature et nés en captivité, nous créons une population pour peupler les habitats que nous travaillons à restaurer. Les spécimens sont élevés jusqu'à ce qu'ils soient jugés assez matures pour survivre à l'état sauvage, puis relâchés dans leurs habitats protégés. En les protégeant durant leur stade de vie le plus vulnérable, les individus plus matures ont de bien meilleures chances de survie.
Les populations ex situ aident les chercheurs à acquérir des connaissances qui soutiennent directement la survie d’une espèce. Parfois, une espèce non menacée est étudiée comme modèle pour mieux comprendre comment aider une espèce menacée. Dans d’autres cas, garder une espèce menacée sous soins humains permet aux experts d’apprendre à les soigner et à les élever adéquatement — un savoir-faire crucial pour l'avenir de l'espèce.
Exemple :
African Lion Safari, ON : Programme de recherche sur l’éléphant d’Asie
L’herpèsvirus endothéliotrope de l’éléphant (EEHV) est un type d'herpèsvirus pouvant causer une maladie hémorragique mortelle chez les éléphants sauvages et ceux sous soins humains. African Lion Safari a joué un rôle déterminant dans l'application des protocoles de surveillance, de détection et de traitement de l'EEHV les plus récents. Nous nous sommes joints à d’autres centres de soins et chercheurs du monde entier pour soutenir activement un effort de recherche mondial multidimensionnel. Nous espérons que nos résultats mèneront à des avancées offrant aux vétérinaires et aux professionnels des outils essentiels pour prévenir, diagnostiquer et traiter l’EEHV.
En savoir plus sur la recherche sur l'EEHV d'African Lion Safari (en anglais).
Les populations ex situ peuvent servir à former des gens — comme des biologistes de terrain ou des gestionnaires de la faune — à des compétences importantes telles que la manipulation sécuritaire des animaux ou les examens de santé. Cette formation les prépare à travailler avec des animaux sauvages et soutient les efforts globaux de conservation. Parfois, une espèce non menacée est utilisée pour la formation afin d'aider à protéger une espèce similaire qui est menacée.
Exemple :
La population ex situ de massasaugas de l’Est (Sistrurus catenatus), qui constitue la population reproductrice gérée par le Plan de survie des espèces de l'Association des zoos et aquariums (AZA), est utilisée pour former les professionnels aux procédures de manipulation sécuritaire.
Une population ex situ peut servir de source pour compléter une population existante, aidant ainsi à restaurer une population sauvage autonome et viable.
Exemple 1:
African Lion Safari, ON et Parc Oméga, QC : Augmentation démographique de la pie-grièche migratrice de l’Est.
African Lion Safari est devenu partenaire des efforts de conservation en 2008. Le parc est l’un des six centres d’élevage de conservation, avec le Parc Oméga qui s’est joint au projet en 2023, élevant une petite population de pies-grièches migratrices et relâchant les jeunes dans la nature. L’ajout d’oiseaux issus de ce programme a permis d’éviter la disparition de l’espèce en Ontario. La participation d'African Lion Safari a également permis de faire progresser les connaissances sur la génomique, les routes migratoires, les aires d'hivernage, l'impact du virus du Nil occidental, la parade nuptiale et l'appariement, en plus de développer des méthodes plus précises pour différencier les mâles des femelles.
En savoir plus sur le programme de conservation de la pie-grièche migratrice de l'Est (en anglais).
Exemple 2:

Little Rays Nature Centres, Riverview Park and Zoo, et African Lion Safari : Programme de « headstarting » (départ assisté) pour la tortue des bois en Ontario
En 2023, Little Rays Nature Centres a accueilli ses premiers nouveau-nés de tortues des bois, les élevant en toute sécurité avant de les relâcher lorsqu’ils atteignent une taille plus grande et plus résiliente. En 2025, Riverview Park and Zoo ainsi qu'African Lion Safari ont rejoint le projet, accueillant chacun une nouvelle cohorte de nouveau-nés.
La croissance de ces tortues bénéficiant d'un départ assisté est accélérée sous soins humains, ce qui leur donne un avantage significatif pour survivre dans la nature. Chaque cohorte sera relâchée après deux hivers, leur permettant de se familiariser avec leur habitat et de se préparer à l’hiver de manière autonome. Sans une intervention de conservation importante et soutenue, il est peu probable que cette espèce survive en Ontario.
Une population ex situ peut servir de base à un programme d'éducation et de sensibilisation abordant les menaces ou contraintes spécifiques à la conservation de l'espèce ou de son habitat. L'éducation doit mener à des changements essentiels au succès de la stratégie globale de conservation de l'espèce.
Exemple :
BC Wildlife Park, C.-B. : Actions ciblées que les élèves peuvent appliquer chez eux
Le BC Wildlife Park a été fondé en 1965 et, depuis 57 ans, nous promouvons notre devise « La conservation par l'éducation » grâce à des programmes éducatifs dynamiques. Nos programmes incluent souvent des actions ciblées que les élèves peuvent rapporter chez eux pour favoriser la biodiversité locale et contrer les menaces pesant sur les espèces et leurs habitats, comme pour la chevêche des terriers.
Une population ex situ peut servir à introduire une espèce hors de son aire de répartition naturelle pour rétablir une fonction écologique perdue dans un écosystème. Cela peut impliquer des espèces qui ne sont pas menacées en soi, mais qui contribuent à la conservation d'autres espèces par leur rôle écologique.
Exemple :
À ce jour, aucune tentative de remplacement écologique n’a eu lieu au Canada, mais cette technique de gestion a été utilisée avec succès pour restaurer l’intégrité écologique de la steppe sibérienne. Le bœuf musqué de la toundra (Ovibos moschatus), une espèce originaire du Canada, y a été introduit pour remplacer le bœuf musqué de Sibérie (Ovibos palantis), aujourd'hui éteint.
Une population ex situ peut être utilisée pour introduire une espèce hors de son aire de répartition naturelle afin d’éviter l’extinction de populations ailleurs.
Exemple :
À ce jour, la colonisation assistée n’a pas été tentée pour un animal canadien, mais cette stratégie de gestion ex situ a été recommandée pour certaines espèces indigènes. Un exemple est le pika d'Amérique, dont l'aire de répartition restreinte et la faible capacité de dispersion empêchent l'adaptation ou le déplacement face aux impacts des changements climatiques.
Le sauvetage peut impliquer l’établissement d’une population ex situ temporaire ou à long terme pour une espèce en danger imminent d’extinction en raison de menaces irréversibles à court terme (ex. : changements climatiques) ou sans remède actuel (ex. : maladie, commerce illégal de la faune).
Exemple 1:
Ripley’s Aquariums : Le poisson-scie tident
Récemment, des scientifiques ont enquêté sur un événement de mortalité massive troublant affectant les poissons-scies tident en Floride. En réponse, une initiative de sauvetage et de réadaptation sans précédent a été lancée par la NOAA, la Florida Fish and Wildlife et divers partenaires universitaires et aquariophiles, dont Ripley’s Aquariums. Nous sommes fiers de soutenir cet effort crucial en aidant au transport des poissons-scies secourus. Notre engagement garantit que ces animaux en voie de disparition reçoivent les soins nécessaires pour se rétablir et contribuer à la conservation de leur espèce.
En savoir plus sur la conservation du poisson-scie tident à Ripley’s Aquarium (en anglais).
Exemple 2:

Parc Safari : Des couguars orphelins emménagent au Parc Safari
Lorsque leur mère a été tuée par un braconnier près de Canmore, en Alberta, deux couguars orphelins étaient voués à une mort certaine selon la loi provinciale. Grâce à l’intervention du président-directeur général du Parc Safari, Serge Lussier, et au soutien de partenaires à Calgary et Vancouver, les petits ont eu une seconde chance.
Ils ont reçu des mois de soins et de réhabilitation tandis que le Parc Safari a investi dans un habitat spécialement conçu, comprenant des structures d’escalade, de l’enrichissement et un espace sécuritaire pour grandir. Aujourd’hui, les jeunes couguars — nommés Orion et Asha — vivent dans un environnement respectueux et durable où ils servent d’ambassadeurs pour la conservation de la faune.
En savoir plus sur l'habitat de conservation des couguars du Parc Safari.
Le maintien d’une population ex situ saine à long terme protège une espèce contre l’extinction si les efforts en milieu sauvage échouent. Cette « population de secours » offre également plus d’options aux conservationnistes pour l’avenir. Une population stable sous soins humains permet d'utiliser des individus pour soutenir les populations sauvages plus tard, si nécessaire.

Exemple : Une espèce qui n’existe qu’au Québec, le chevalier cuivré (Moxostoma hubbsi) est un poisson menacé d'extinction. Cette situation critique a incité le ministère québécois du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs à mettre au point une technique de reproduction artificielle, en collaboration avec le Biodôme et l’Université du Québec à Montréal. Ce travail a mené au développement de méthodes d’induction hormonale, d’incubation des œufs et d’élevage des jeunes. Plus précisément, le Biodôme joue un rôle important dans le développement d’un réseau de refuge (« génitarium ») visant à préserver la variabilité génétique de l’espèce. Depuis 1994, de jeunes moxostomes dorés issus de croisements entre différents géniteurs sont conservés au Biodôme, à l’Aquarium du Québec et à la pisciculture provinciale de Baldwin-Mills.
Les populations ex situ peuvent inclure le maintien à long terme d'une population après l'extinction de toutes les populations sauvages connues, en vue d'une réintroduction ou d'une colonisation assistée lorsque cela devient possible.
Exemple :
On a cru l'espèce éteinte jusqu'à la découverte d'une population isolée de putois à pieds noirs (Mustela nigripes) en 1981. Les dix-huit derniers animaux sauvages ont été capturés pour établir une colonie de reproduction... Aujourd'hui, grâce à des collaborations internationales continues, les putois ont été réintroduits dans la nature sur 28 sites aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Tous les putois à pieds noirs sauvages descendent désormais de cette population arche initiale.
Conservation in situ
La conservation in situ consiste à protéger les espèces dans leur aire de répartition naturelle. Cela inclut des efforts tels que la surveillance des populations sauvages et la préservation des environnements naturels dont elles dépendent. En travaillant directement sur le terrain, les conservationnistes aident à maintenir des écosystèmes sains et soutiennent les espèces dans la nature.
Conservation in situ dans les institutions accréditées par l’AZAC

À la mi-juin, des plongeurs de l’Aquarium du Québec ont entrepris une expédition unique dans le golfe du Saint-Laurent... Cette expédition fait partie d’un projet de recherche de cinq ans visant à étudier l’impact de la plongée récréative sur la biodiversité marine près de l’île Bonaventure, un site prisé en Gaspésie.
Le projet est une collaboration entre l’Aquarium du Québec, le parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé (tous deux faisant partie de la Sépaq) et l’Université de Montréal. Chaque année, des équipes réalisent des relevés sous-marins en juin et en septembre — avant et après la haute saison de plongée — afin d’inventorier les espèces marines présentes.
D’ici la fin du projet en 2027, les chercheurs espèrent comprendre si l’augmentation de la plongée est corrélée à des changements dans la biodiversité. Si des impacts négatifs sont identifiés, l’équipe émettra des recommandations pour protéger le site.
Cette initiative importante témoigne de l’engagement profond de l’Aquarium envers la santé des écosystèmes aquatiques. Elle a fait l’objet d’un reportage à l’émission La Semaine verte de Radio-Canada et a reçu le prix Peter Karsten pour la conservation in situ.
Visionner le reportage de La Semaine verte.
Lire le récit numérique sur ce vaste projet de recherche sous-marine.
L’effort de rétablissement de la pie-grièche migratrice repose sur un programme coordonné de baguage coloré, combiné à des relevés de terrain, afin de recueillir annuellement des données sur la taille de la population, sa répartition, sa fertilité et la survie des adultes et des jeunes.
En savoir plus sur le baguage ici.
En savoir plus sur l’atelier de planification de la conservation de la pie-grièche.

Le Fawcett Family Wildlife Health Centre du BC Wildlife Park est le seul centre de réadaptation de la faune offrant des services complets dans le sud de l'intérieur de la province. Chaque année, plus de 400 animaux — oiseaux, mammifères, reptiles et amphibiens — y sont admis. Le centre est géré par l’équipe de soins animaliers du parc et soutenu par une équipe de bénévoles dévoués, tous travaillant à la réhabilitation de la faune orpheline et blessée.
Dans la mesure du possible, les animaux sont remis en liberté dans leur milieu naturel en coordination avec le ministère des Forêts, des Terres, de l’Exploitation des ressources naturelles et du Développement rural. En combinant des soins vétérinaires avancés et un engagement envers la conservation, le Centre de santé de la faune joue un rôle essentiel dans le soutien à la fois du bien-être animal individuel et de la santé globale des écosystèmes.
Regardez la vidéo de BC Wildlife Parks sur le Centre de santé de la faune Fawcett Family ici.

Sauvetage des grizzlis
Les oursons grizzlis qui perdent leur mère ont peu de chances de survivre seuls dans la nature. Lorsque des oursons orphelins ont été découverts, le BC Wildlife Park leur a offert un environnement sûr, des soins spécialisés et un soutien à long terme. Au parc, les ours ont reçu une alimentation adéquate, des soins vétérinaires et des activités d’enrichissement qui leur ont permis de grandir et de s’épanouir en captivité.
Au parc, les ours ont reçu une alimentation adéquate, des soins vétérinaires et des activités d’enrichissement qui leur ont permis de grandir et de s’épanouir en captivité. Au-delà du bien-être direct des oursons, ce sauvetage met en lumière les défis auxquels les grizzlis sauvages sont confrontés, allant de la perte d’habitat aux conflits entre humains et faune. En prenant soin d’ours orphelins et en partageant leur histoire, le BC Wildlife Park sensibilise le public aux enjeux de conservation et l’inspire à agir pour protéger les populations de grizzlis et leurs écosystèmes.
Regardez la vidéo complète sur l’histoire du sauvetage des ours grizzlis du BC Wildlife Park ici.
L’approche de « Planification intégrée » (One Plan)
Les stratégies in situ et ex situ sont plus efficaces lorsqu’elles sont utilisées conjointement. Grâce à l’approche de planification intégrée, les conservationnistes combinent l’expertise et les ressources des deux milieux pour soutenir le rétablissement des espèces et assurer leur viabilité à long terme, tant dans la nature que sous soins humains.
Vous pouvez faire une différence
En visitant les zoos et aquariums accrédités par l’AZAC, vous soutenez des efforts de conservation vitaux, tant au Canada qu’ailleurs dans le monde. Votre visite contribue directement à la recherche, à l’éducation et à la protection de la faune et de ses habitats.






