Salle de Presse

27Oct

Lettre ouverte aux membres du Comité sénatorial permanent des pêches et des océans

Lettre ouverte aux membres du Comité sénatorial permanent des pêches et des océans

Monsieur le Sénateur/Madame la Sénatrice,
Au nom d’Aquariums et zoos accrédités du Canada, je vous écris pour exhorter les membres du Comité sénatorial permanent des pêches et des océans à voter pour mettre fin au projet de loi S-203. Ce projet de loi vise à mettre fin à la captivité des cétacés, mais il aurait en fait une incidence extrêmement négative sur notre capacité de protéger les baleines et les dauphins en criminalisant la recherche scientifique et les programmes de sauvetage et de rétablissement.

Fondé en 1976 , AZAC représente aujourd’hui les principaux parcs zoologiques et aquariums du Canada. Plus de 12 millions de personnes visitent nos 31 établissements membres chaque année. En tant que principal organisme axé sur le bien-être animal au Canada chargé d’élaborer et d’appliquer les normes de bien-être animal, notre organisme assure l’évolution continue des zoos et des aquariums canadiens a titre d’organismes éthiques sur les plans de l’apprentissage, de la conservation des espèces et de la science. Nos normes sont fondées sur la science du bien-être animal qui représente un pont entre la science pure et l’éthique. AZAC s’associe régulièrement à des gouvernements, au milieu universitaire et à des partenaires du bien-être animal pour élaborer des mesures réglementaires, réaliser des études scientifiques et mettre en œuvre des programmes axés sur la survie des espèces.

Les aquariums et les zoos accrédités contribuent des éléments essentiels dans les efforts de recherche et de sauvetage que d’autres les intervenants ne peuvent pas fournir – l’espace et les compétences. La communauté des zoos accrédités du Canada a à peine commencé à gratter la surface de ce que nous pouvons faire pour sauver les espèces gravement menacées grâce aux programmes de recherche, de reproduction et de rétablissement avec des équipes de biologistes scientifiques et d’experts en bien-être animal qui travaillent jour et nuit dans nos établissements.
Toutefois, s’il est adopté, le projet de loi S-203 mettra fin à une bonne partie de cet important travail.

Pour des motifs idéologiques, le projet de loi S-203 limitera grandement la capacité des établissements accrédités de conserver, de protéger et de sauver les baleines et les dauphins du Canada – dont les populations de bélugas, d’épaulards et de baleines noires grandement menacées qui luttent pour survivre contre les multiples assauts causés par les bruits sous-marins, la surpêche et les collisions avec des bateaux. Le projet de loi aurait pour effet de criminaliser l’important travail qui nous aide à comprendre la physiologie des cétacés, comme celui effectué à l’Aquarium de Vancouver dans le but de comprendre l’ouïe et la communication acoustique chez les baleines, leurs fonctions pulmonaires, ainsi que leurs besoins alimentaires et en énergie. Il freinerait également le travail in situ qui dépend de la recherche effectuée à l’aquarium, comme les efforts de sauvetage pour préserver le marsouin vaquita, une espèce grandement menacée, et la mesure des communications acoustiques sur les bélugas.

Avec une équipe de professionnels composée de vétérinaires, de scientifiques et de biologistes marins qui travaillent 24 heures sur 24, 7 jours par semaine, l’Aquarium de Vancouver est la planche de salut la plus fiable au Canada pour les mammifères marins blessés et échoués. Le projet de loi S-203 aurait pour effet de les criminaliser pour sauver et réhabiliter les baleines ou les dauphins échoués ou orphelins trop faibles pour survivre en haute mer. S’il est adopté, le projet de loi S-203 obligera le programme de sauvetage accrédité à euthanasier les mêmes les animaux qu’il cherche à sauver.

Dans le cadre de notre modèle d’amélioration continue, AZAC collabore activement avec des experts du bien-être animal, des scientifiques et des vétérinaires pour modifier, améliorer et appliquer nos normes afin de tenir compte des plus récentes recherches. Conformément à ce principe, AZAC a adopté les lignes directrices du Conseil canadien de protection des animaux (CCPA) pour les soins et l’entretien des mammifères marins dans le cadre de ses normes.

Les lignes directrices du CCPA représentent le cadre le plus complet fondé sur des faits pour la protection des mammifères marins dans le monde, et elles sont assorties d’une exigence pour les établissements de promouvoir la conservation des espèces au moyen d’activités d’éducation et de recherche. Il a fallu au gouvernement plus de 10 ans pour obtenir, rechercher et élaborer les lignes directrices du CCPA. Nous exhortons les membres du comité à examiner ces lignes directrices et à élaborer des lois qui protègent les cétacés en tenant compte des principes formulés dans les recommandations – promouvoir la survie des espèces chez les mammifères marins grâce à la recherche scientifique et à des possibilités éducatives qui aident à tisser des liens avec la nature.

Si quelqu’un qui cherche les fondements éthiques et moraux des aquariums et des zoos, il les trouvera dans le potentiel transformatif du lien personnel qui existe entre les humains et les animaux. Toutefois, si le projet de loi S-203 est adopté, du moins pour ce qui est des baleines et des dauphins, ce travail cessera et ces liens seront coupés. En criminalisant les activités de recherche, d’éducation et de conservation concernant les cétacés, ce projet de loi mettra non seulement fin à d’importantes recherches, mais il mettra aussi fin aux liens personnels et aux parcours qui pourraient un jour aider à préserver les bélugas et les baleines noires, aussi sûrement que ce fut le cas pour le putois d’Amérique.
Le projet de loi S-203 ferait disparaitre 10 ans de recherches indépendantes commandées par le gouvernement du Canada en vue de créer des lignes directrices imposantes – des lignes directrices qui dépassent de loin ce que nous avons vu mondialement, même chez nos voisins aux États-Unis.

Vous vous demandez peut-être, compte tenu de la supervision fédérale et provinciale, pourquoi l’accréditation est si importante?
Vous serez peut-être étonnés d’apprendre qu’à part les lignes directrices du CCPA en matière de protection des mammifères marins, il n’existe aucune approche pancanadienne cohérente pour la protection des animaux exotiques gardés par des humains. Il n’y a pas de mécanisme officiel de coordination et de partage d’information – nous sommes laissés avec un fouillis de politiques, de lois et de règlements qui varient dans chaque province et territoire du Canada – non seulement dans leur portée, mais également dans la façon dont ils sont appliqués.

Nous ne sommes pas d’accord avec les promoteurs de ce projet de loi quant à la voie qu’ils ont choisi d’emprunter, mais nous sommes d’accord avec eux sur un point : les cétacés sont des créatures qui, dans nos établissements comme dans la nature, méritent notre respect et nos soins et ils en ont continuellement besoin. C’est la raison pour laquelle nos membres ont choisi la voie qui consiste à étudier, protéger et guérir ces animaux, en cherchant à comprendre et à décoder leur comportement et à sensibiliser les autres afin qu’une nouvelle cohorte de scientifiques et de conservationnistes soient prêts à poursuivre leur parcours.

Nous vous exhortons à garder cette voie ouverte et sans embûches pour eux.

Veuillez agréer mes salutations les plus respectueuses.

La directrice générale,
Aquariums et zoos accrédités

Susan Shafer

Back To Main

Contact

280, rue Albert, bureau 206
Ottawa (Ontario)
K1P 5G8

Plan Du Site